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Souveraineté alimentaire Afrique : le vrai combat de Mayagri

8 juillet 2026 par
Mayagri
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Un président de chambre d'agriculture qui dit tout haut ce qu'on tait tout bas

Sanoussi Bouya Sylla, président de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture du Mali (APCAM), a posé une phrase qui mérite d'être encadrée dans chaque ministère de l'Agriculture du continent : « La souveraineté alimentaire, c'est le droit reconnu à chaque peuple de définir ses politiques agricoles et alimentaires. »

Une phrase simple. Presque évidente. Et pourtant, c'est exactement ce droit-là que l'Afrique de l'Ouest a laissé filer pendant des décennies — troqué contre des importations de riz thaïlandais, du blé ukrainien, du poulet brésilien congelé, pendant que nos propres terres attendaient qu'on les travaille sérieusement.

Chez Mayagri, on ne va pas faire semblant de découvrir le sujet. On le vit tous les jours, du champ à l'assiette. Alors autant être clair sur notre position : la souveraineté alimentaire n'est pas un slogan de sommet international, c'est une infrastructure qu'on construit brique par brique, ferme par ferme.

Souveraineté alimentaire ≠ autosuffisance : arrêtons la confusion

Première clarification qui change tout dans le débat : la souveraineté alimentaire n'est pas synonyme d'autarcie totale. On ne parle pas de fermer les frontières et de produire 100% de ce qu'on consomme du jour au lendemain — c'est un fantasme, pas une politique.

Ce que défend Sanoussi Bouya Sylla, et ce que défend Mayagri, c'est le droit de choisir. Choisir quelles semences on plante. Choisir si on subventionne le maraîchage local ou si on continue à importer de la tomate concentrée pendant que nos champs de tomates fraîches pourrissent faute de transformation. Choisir de bâtir des filières plutôt que de dépendre d'un cours mondial fixé à Chicago ou à Rotterdam.

Le piège de la dépendance déguisée en "efficacité"

On nous vend souvent l'import massif comme une logique économique rationnelle : "c'est moins cher d'importer que de produire localement". Sauf que cette logique s'effondre au premier choc — Covid, guerre en Ukraine, crise du fret maritime. En 2022, plusieurs pays sahéliens ont vu le prix du sac de riz doubler en quelques semaines parce que leur sécurité alimentaire dépendait d'un port à 6000 km. Ça, ce n'est pas de l'efficacité. C'est de la vulnérabilité maquillée en bon calcul comptable.

Ce que ça veut dire concrètement, sur le terrain

La souveraineté alimentaire, ce n'est pas une idée abstraite qu'on débat en costume climatisé. Ça se traduit par des décisions très concrètes :

  • Financer les agriculteurs locaux plutôt que les intermédiaires d'import — crédit agricole accessible, pas juste réservé aux gros exploitants connectés
  • Investir dans la transformation : un pays qui exporte du cacao brut et importe du chocolat fini n'est pas souverain, il est captif de sa propre matière première
  • Sécuriser le foncier pour que les paysans plantent avec la certitude de récolter, pas avec la peur qu'on leur retire la terre dans trois ans
  • Protéger les semences paysannes face aux logiques de brevetage qui rendent les agriculteurs dépendants d'un fournisseur unique année après année
  • Créer des circuits courts qui relient directement producteur et consommateur, sans une chaîne d'intermédiaires qui écrase la marge du premier et gonfle le prix pour le second

C'est là que des chambres d'agriculture comme l'APCAM jouent un rôle qui dépasse largement le syndicalisme agricole classique : elles portent une revendication politique de fond, celle de redonner aux producteurs le pouvoir de décider — pas juste de subir.

L'Afrique n'a pas un problème de terres, elle a un problème de structuration

Soyons honnêtes : le continent n'a pas de pénurie de terres arables. Il a un déficit criant d'infrastructures — stockage, transformation, logistique, financement. On produit, mais on perd jusqu'à 30-40% de certaines récoltes faute de chaîne du froid ou d'entrepôts adaptés. On a des céréales qui pourrissent à 50 km d'une ville qui importe la même céréale par bateau. C'est absurde, et c'est réparable.

Mayagri : on ne théorise pas, on construit l'outil

C'est précisément pour ça que Mayagri existe. Pas pour ajouter une voix de plus dans les colloques sur la souveraineté alimentaire, mais pour être l'un des outils qui la rend possible sur le terrain. Chaque partenariat qu'on noue avec un producteur local, chaque filière qu'on structure du champ jusqu'au client final, chaque entrepôt qu'on met en place à Dakar ou ailleurs, c'est une brique de moins dans la dépendance et une brique de plus dans l'autonomie réelle.

On n'a pas la prétention de résoudre la souveraineté alimentaire d'un continent tout seuls. Mais on refuse la posture confortable de spectateur pendant que d'autres se battent le mot à la bouche. Sanoussi Bouya Sylla a raison : c'est un droit. Et un droit, ça ne se réclame pas seulement dans les discours — ça se defend en bâtissant les moyens de l'exercer.

Pourquoi le B2B et l'événementiel comptent dans cette bataille

Structurer des filières agricoles solides, connecter les producteurs aux acheteurs professionnels, créer des points de rencontre physiques entre l'offre locale et la demande — ce n'est pas glamour, mais c'est exactement le tissu conjonctif qui manque pour que la souveraineté alimentaire cesse d'être un vœu pieux et devienne une réalité économique tenable.

Le vrai combat commence maintenant

La souveraineté alimentaire ne se gagnera pas par une déclaration à l'ONU. Elle se gagne par des milliers de décisions locales, répétées, tenaces : un entrepôt construit, un producteur payé au juste prix, une filière qui tient sur ses deux jambes sans perfusion d'import. C'est lent, c'est terre-à-terre, ça ne fait pas les gros titres — mais c'est la seule chose qui marche.

Envie de faire partie de ceux qui construisent plutôt que ceux qui commentent ? Rejoins le mouvement Mayagri — producteurs, partenaires B2B, acteurs événementiels : on structure la chaîne, un maillon solide à la fois. Contacte-nous, on avance ensemble.

Mayagri 8 juillet 2026
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